Togo : entre crise énergétique et ambition d’autonomie, un pari vers 2030

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Par René DOKOU, le 14 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Depuis plusieurs années, le Togo fait face à une augmentation rapide de la demande en électricité. Cette tendance s’explique principalement par trois facteurs : l’expansion continue des zones urbaines, le dynamisme de l’économie nationale, et l’extension progressive de l’électrification vers les milieux ruraux. Ce développement, porteur d’espoir, soulève cependant des défis majeurs pour un pays encore largement dépendant de l’extérieur pour sa fourniture énergétique.

Une dépendance extérieure persistante

L’électricité consommée au Togo provient en grande partie de sources extérieures. Le pays importe une portion significative de son énergie du Ghana et du Nigeria, deux voisins eux-mêmes confrontés à des difficultés de production et de distribution. Parallèlement, la production locale repose essentiellement sur des centrales thermiques utilisant du gaz ou du combustible liquide. Or, les prix de ces combustibles ont connu une envolée ces dernières années, accentuée par l’instabilité géopolitique et les crises énergétiques régionales.

Une volonté politique affirmée pour une souveraineté énergétique

Face à cette situation structurellement fragile, le gouvernement togolais a adopté une stratégie résolument tournée vers l’autonomie énergétique et l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030. Cette ambition repose sur un vaste programme d’investissements dans les infrastructures de production et de distribution, intégrant pleinement les enjeux de la transition énergétique.

Parmi les projets phares figurent :

La centrale thermique à cycle combiné de Kekeli Efficient Power,

Les centrales solaires implantées à Blitta, Dapaong et Sokodé,

Le renforcement et l’extension du réseau de transport et de distribution,

La modernisation des équipements électriques,

Une politique d’électrification rurale active, afin de réduire la fracture énergétique entre villes et campagnes.

Un tarif inchangé malgré les pressions financières

L’un des points marquants de la politique énergétique togolaise est la volonté de maintenir le prix de l’électricité à un niveau accessible pour les populations. Depuis 2010-2011, le tarif moyen du kilowattheure reste fixé à 102 FCFA. Cette stabilité tarifaire, saluée par les ménages, a cependant un coût élevé pour les finances publiques. En effet, les dépenses liées à la production et à l’importation de l’énergie ont explosé, pesant lourdement sur le budget de l’État.

Une crise régionale qui aggrave la situation

La crise énergétique qui a frappé la sous-région ouest-africaine l’année dernière, principalement due à une pénurie de gaz, a mis en lumière la fragilité du système actuel. Cette période difficile a obligé l’État togolais à mobiliser d’importantes ressources pour assurer la continuité du service, éviter les coupures massives et contenir les effets néfastes sur l’activité économique et sociale.

Cap sur 2030 : un défi national

L’engagement du Togo à atteindre 100 % d’accès à l’électricité d’ici 2030 est ambitieux. Ce défi appelle à des choix politiques courageux, une gestion rigoureuse et la mobilisation continue des partenaires techniques et financiers. La transformation du secteur énergétique est en cours, posant les jalons d’un avenir plus autonome, plus vert et plus équitable.

Les efforts sont encore insuffisants face à l’ampleur des besoins, mais les fondations d’un nouveau modèle énergétique sont bel et bien en train d’être bâties. La réussite de cette transition sera cruciale pour le développement durable du pays et l’amélioration des conditions de vie des populations.

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