Décentralisation au Togo : Jean Kissi dresse un bilan critique à l’approche des locales

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Par René DOKOU, le 12 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)- À deux mois des élections locales prévues pour le 10 juillet, la critique s’intensifie autour des résultats de la décentralisation au Togo. Jean Kissi, conseiller municipal d’opposition dans la commune du Golfe 5, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie d’échec de la gouvernance locale depuis six ans.

« On n’a pas fait grand-chose », résume-t-il avec amertume. Pour lui, les promesses faites lors de la première vague d’élections municipales en 2019 n’ont pas été suivies d’effets concrets. Il dénonce notamment l’absence d’infrastructures de base, la persistance des inondations récurrentes et une gestion peu rigoureuse des ressources publiques dans plusieurs communes, dont la sienne.

Jean Kissi pointe du doigt à la fois un manque de volonté politique de la part du pouvoir central et la mauvaise gestion locale, souvent marquée, selon lui, par le clientélisme et le favoritisme. « Ce n’est pas la décentralisation en soi qui est en cause, mais la manière dont elle est mise en œuvre », insiste-t-il. Dans sa commune dirigée par un élu de la majorité présidentielle, il affirme que les projets annoncés en début de mandat sont restés lettre morte. « Il n’y a même pas eu de début d’exécution pour la plupart des actions planifiées », déplore-t-il.

Alors que la campagne électorale se déroulera du 24 juin au 8 juillet, l’opposition semble vouloir capitaliser sur le mécontentement populaire pour faire entendre sa voix. Le manque de résultats concrets sur le terrain, dans un contexte où les citoyens attendent des améliorations tangibles de leurs conditions de vie, pourrait jouer en sa faveur.

Le gouvernement, pour sa part, a prévu un financement de 500 millions de Fcfa pour soutenir les campagnes électorales. Cette enveloppe sera répartie selon un mécanisme mixte : 65 % à parts égales entre tous les candidats et 35 % en fonction des résultats obtenus. Si cette mesure vise à assurer une certaine équité dans la compétition, elle est perçue par certains comme insuffisante face aux besoins logistiques et organisationnels des formations politiques, surtout celles de l’opposition, souvent moins dotées.

La situation actuelle soulève une question cruciale : la décentralisation, telle qu’elle est menée au Togo, permet-elle vraiment un développement local efficace et autonome ? Pour Jean Kissi, la réponse est non, à moins d’un changement profond dans la gouvernance locale, le financement des collectivités et la participation citoyenne.

Alors que le Togo s’apprête à renouveler ses conseils municipaux, l’enjeu dépasse donc la simple alternance politique. Il s’agit d’une bataille pour restaurer la confiance des citoyens dans l’idée même de démocratie locale. Reste à savoir si cette nouvelle échéance électorale permettra d’ouvrir une page plus prometteuse pour les communes du pays.

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