Tensions indo-pakistanaises : échanges de tirs et de drones meurtriers au Cachemire

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Par René DOKOU, le 09 Mai 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Les tensions entre l’Inde et le Pakistan ont franchi un nouveau seuil ce vendredi matin, alors que New Delhi a dénoncé de « multiples attaques » de drones et des tirs en provenance du Pakistan, survenus dans la nuit « tout le long de la frontière ». Ces violences interviennent plus de deux semaines après un attentat meurtrier perpétré le 22 avril dans la région indienne du Cachemire, attisant les hostilités entre les deux puissances nucléaires.

Selon l’armée indienne, les drones auraient été repoussés et les attaques auraient reçu une « réponse appropriée ». Malgré cette riposte, un tir de mortier a coûté la vie à une civile dans le secteur d’Uri, a rapporté une source policière à l’AFP.

Le Pakistan, de son côté, accuse l’Inde d’avoir visé des zones civiles dans la nuit de jeudi à vendredi, tuant cinq personnes, dont une fillette de deux ans, dans le Cachemire pakistanais. D’après l’officier de police Adeel Khan, les bombardements indiens ont été suivis d’une contre-attaque pakistanaise ciblant trois postes militaires le long de la ligne de contrôle (LoC), la frontière de facto entre les deux pays au Cachemire.

Conséquences sur la population civile

Face à cette escalade, les autorités ont décrété la fermeture des écoles dans l’ensemble du Cachemire indien et dans certaines régions frontalières du Pakistan, notamment dans les États indiens du Penjab et du Rajasthan. De plus, 24 aéroports situés dans le nord-ouest de l’Inde ont été fermés par mesure de sécurité.

La veille, des explosions ont secoué la région indienne du Cachemire, que New Delhi a immédiatement attribuées à des frappes de drones et de missiles pakistanais visant des installations militaires. Dans une escalade symétrique, l’Inde a annoncé avoir neutralisé la défense aérienne de Lahore, grande ville pakistanaise proche de la frontière, en réponse à des attaques nocturnes similaires.

Multiplication des appels à la désescalade

Alors que les affrontements se poursuivent, les appels internationaux à la retenue se multiplient, sans grand effet jusqu’à présent. Le vice-président américain J.D. Vance a lancé un appel à la désescalade tout en affirmant que les États-Unis ne comptaient pas s’impliquer dans un conflit qui « n’est pas fondamentalement [leur] affaire ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, poursuit une mission diplomatique dans la région. Après une étape à Islamabad, il s’est rendu à New Delhi pour tenter de désamorcer la crise.

Conflit informationnel et censure

Parallèlement à l’escalade militaire, un affrontement informationnel s’est engagé. L’Inde a ordonné jeudi au réseau social X (ex-Twitter) de bloquer plus de 8 000 comptes, y compris ceux de médias internationaux. Le réseau a confirmé avoir obtempéré, tout en dénonçant une « censure » imposée à contrecœur.

Alors que la situation semble se dégrader de jour en jour, la communauté internationale redoute que ces tensions ne débouchent sur un affrontement ouvert entre les deux puissances, dont les relations restent marquées par des décennies de rivalité, en particulier autour de la question du Cachemire.

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