Par René DOKOU, le 08 Mai 2025
(IMPARTIAL ACTU)- La ville de Notsè, Chef-lieu de la préfecture de Haho (Togo), a accueilli une importante journée de réflexion consacrée à la lutte contre les grossesses précoces et les mariages forcés des enfants. Initiée par le ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Protection de la femme, en collaboration avec l’UNFPA et l’UNICEF, cette rencontre a mobilisé une diversité d’acteurs locaux engagés dans la cause des droits de l’enfant.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Dr. Nakou Fogan Pascal, représentant la ministre Kossiwa Zinsou Klassou. Ce dernier a souligné que « partager les connaissances, c’est donner à chaque enfant la possibilité de réaliser son plein potentiel ». Il a également rappelé que « aucune jeune fille ne devrait voir son avenir sacrifié ».
Une mobilisation multisectorielle
L’événement a réuni des leaders communautaires, religieux, politiques et administratifs, ainsi que des enseignants, élèves, parents et représentants d’organisations de la société civile venus des quatre communes de Haho. Tous ont exprimé leur volonté commune d’éradiquer les pratiques traditionnelles néfastes qui freinent l’épanouissement des jeunes filles togolaises.
Le préfet de Haho, Awo Tchangani, a salué l’engagement des partenaires nationaux et internationaux. Il a exhorté les participants à devenir des relais actifs dans leurs communautés respectives pour briser le silence autour de ces pratiques.
L’honorable Amoudji Komlan Marius, député à l’Assemblée nationale, a quant à lui rappelé l’importance que le président Faure Gnassingbé accorde à la protection des enfants. Il a invité à rejeter les discours culturels qui justifient les mariages précoces.
Identifier les causes, proposer des solutions
L’objectif principal de la journée était de permettre un dialogue franc entre les parties prenantes afin de mieux cerner les causes profondes de ces fléaux. En ateliers, les participants ont exploré les facteurs socio-économiques, culturels et éducatifs à l’origine des grossesses précoces et des mariages d’enfants.
Des pistes de solutions ont émergé, parmi lesquelles : la responsabilisation des parents, le renforcement de la législation, l’implication accrue des chefs traditionnels, l’éducation sexuelle adaptée dans les écoles, et l’autonomisation économique des jeunes filles.
Une dynamique locale avec une ambition nationale
Les participants ont insisté sur l’importance de solutions ancrées dans les réalités locales, mais susceptibles d’être étendues au niveau national. « Ce phénomène existe bel et bien dans notre préfecture, mais ensemble, nous pouvons le combattre », a affirmé Mme Reine Torsohou, une participante très engagée, promettant de soutenir les jeunes filles en milieu scolaire.
Par ailleurs, des campagnes de sensibilisation sont prévues dans les établissements scolaires et les communautés locales. Ces actions visent à informer et à mobiliser les jeunes, les parents et les éducateurs, afin de créer un environnement protecteur et propice à l’épanouissement de toutes les filles.
Vers un changement durable
L’événement de Notsè n’était pas une simple rencontre ponctuelle, mais le point de départ d’une dynamique d’action continue. En rassemblant les forces vives de la préfecture de Haho autour d’un objectif commun, les organisateurs ont jeté les bases d’un changement durable, fondé sur la conscience collective et la responsabilisation communautaire.
Cette journée de réflexion illustre une fois de plus la volonté du Togo de garantir les droits fondamentaux des enfants, notamment des filles, en conformité avec les engagements internationaux.
Joseph ABOTSIGAN
















