Notation souveraine S&P Global Ratings : le Togo passe de ‘B’ à ‘B+’

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Par René DOKOU, le 20 Avril 2025

(IMPARTIAL ACTU)-  Dans une décision saluée par les observateurs économiques, l’agence de notation américaine S&P Global Ratings a annoncé ce vendredi avoir relevé la note souveraine du Togo, passant de ‘B’ à ‘B+’, assortie d’une perspective stable. Une reconnaissance des performances économiques solides du pays et d’un assainissement progressif de ses finances publiques.

Cette révision intervient dans un contexte de forte dynamique économique. Le Togo affiche l’une des croissances les plus robustes de l’Afrique de l’Ouest, avec un produit intérieur brut (PIB) attendu en hausse de 6 % en moyenne par an jusqu’en 2028, selon les prévisions de S&P. Une performance qui repose sur plusieurs piliers : une consommation privée en expansion, une inflation maîtrisée et des investissements conséquents dans les infrastructures stratégiques.

Des réformes structurelles saluées

Pour S&P, cette amélioration reflète la confiance dans la trajectoire réformatrice du pays. « La révision à la hausse reflète notre conviction que le Togo progressera dans ses réformes économiques et budgétaires, notamment via une meilleure mobilisation des recettes fiscales », indique l’agence dans son communiqué. Les efforts du gouvernement pour renforcer le climat des affaires et diversifier l’économie par des projets structurants sont également mis en avant.

Le port en eau profonde de Lomé symbolise cette transformation. Avec un trafic ayant doublé entre 2016 et 2024 pour atteindre 30 millions de tonnes, dont 70 % liés au transbordement, il s’impose comme un hub logistique régional. Par ailleurs, la plateforme industrielle d’Adétikopé devient progressivement un pôle attractif pour des investissements dans les secteurs du textile, du coton et du soja, avec des projets représentant déjà 2,6 % du PIB, soit environ 160 milliards de FCFA.

Amélioration des équilibres budgétaires

Sur le plan budgétaire, le Togo semble amorcer une trajectoire plus vertueuse. Le déficit public, qui s’élevait à 6,7 % du PIB en 2023, a été ramené à 4,6 % en 2024. Les autorités prévoient d’atteindre l’objectif communautaire de 3 % d’ici à 2027, notamment grâce à une hausse des recettes fiscales et une meilleure priorisation des dépenses publiques.

La dette publique, qui avait connu une forte hausse dans le sillage de la pandémie de Covid-19 et des chocs liés à la guerre en Ukraine, devrait connaître une baisse progressive pour s’établir autour de 52 % du PIB à l’horizon 2028, contre près de 60 % actuellement.

Dans ce cadre, le gouvernement togolais revoit également sa stratégie de financement. Après une forte dépendance au marché régional, marqué par des conditions de financement peu favorables, le pays cherche désormais à accéder à des ressources extérieures plus avantageuses. En 2025, 200 millions de dollars ont déjà été mobilisés auprès de la Banque mondiale, et deux prêts commerciaux garantis totalisant 350 millions d’euros sont attendus.

Des défis structurels persistent

Malgré ces avancées, l’agence S&P souligne la persistance de fragilités. Le revenu par habitant demeure relativement bas et l’économie reste dominée par l’informel, limitant le potentiel de mobilisation fiscale. Par ailleurs, les tensions sécuritaires dans le nord du pays, en lien avec les crises dans les pays voisins comme le Burkina Faso et le Niger, pourraient peser sur les finances publiques à moyen terme.

En somme, si le relèvement de la note souveraine constitue une reconnaissance du chemin parcouru par le Togo, il rappelle aussi l’importance de maintenir le cap des réformes et de renforcer la résilience face aux défis internes et régionaux. Pour les investisseurs, ce signal positif devrait renforcer l’attractivité du pays sur la scène économique ouest-africaine.

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