Par René DOKOU, le 19 Avril 2025
(IMPARTIAL ACTU)- Une scène colorée et vibrante se déroule aux abords du CETEF depuis le 18 avril. Le tout premier festival Ayimolou, une célébration inédite de la gastronomie traditionnelle togolaise, s’y tient jusqu’au 21 avril. Ce rendez-vous, né de l’initiative de l’association NADDAF, a pour ambition de redonner ses lettres de noblesse à un plat emblématique du terroir : l’Ayimolou, mariage savoureux du haricot et du riz, sublimé par une farandole d’ingrédients locaux.
Au cœur de cet événement culturel et culinaire, une présence a particulièrement retenu l’attention : celle de l’association d’art martial Wola-do Wola-mõ, représentée par son fondateur, Docteur WOLAMO, aussi connu sous le pseudonyme évocateur « Esprit Numéro Zéro ». Figure de proue de l’art martial togolais, il a honoré l’événement de sa présence, adressant un message fort d’encouragement et de soutien au maire de la commune Golfe 2, Konou Noukafou, ainsi qu’au Directeur Général du CETEF, Alexandre de Souza.
L’Ayimolou, plus qu’un plat : un symbole d’identité
Servi aussi bien dans les coins de rue que dans les foyers les plus huppés, l’Ayimolou est bien plus qu’un repas : c’est un symbole d’unité nationale. Des marchés de Kara aux ruelles animées de Lomé, il trône sur les tables, réunissant petits et grands autour de saveurs simples mais puissantes. Composé de riz, de haricots rouges, relevé de piment noir, de poisson frit, de peau de bœuf ou encore de fromage local, ce plat est aujourd’hui mis à l’honneur dans un festival qui souhaite célébrer les richesses du terroir.
Wola-do Wola-mõ : le lien entre tradition, identité et dépassement de soi
En choisissant de participer activement au festival Ayimolou, Docteur WOLAMO inscrit son action dans une démarche plus large : celle de valoriser non seulement la culture culinaire, mais aussi la culture martiale du Togo. Le Wola-do, art martial fondé sur les principes d’harmonie, de maîtrise de soi et de dépassement personnel, est aujourd’hui pratiqué dans plus d’une centaine de pays. Plusieurs unités militaires de renommée internationale l’ont intégré à leurs formations, témoignant ainsi de son efficacité et de sa rigueur.
Mais derrière les techniques de défense et de combat, c’est toute une philosophie africaine que véhicule le Wola-do. Une vision enracinée dans la sagesse ancestrale, la force de la communauté et le respect des valeurs. En cela, il rejoint l’esprit même de l’Ayimolou : une expression simple, accessible, mais profondément identitaire.
Une démarche de reconnaissance et de réappropriation culturelle
Né à Nukafu, quartier emblématique de la commune Golfe 2, Docteur WOLAMO se sent intimement lié à cette initiative. Sa présence n’est pas celle d’un simple invité : c’est celle d’un fils du terroir, venu rappeler l’importance de préserver, promouvoir et transmettre les savoirs locaux.
Lors de son allocution au CETEF, il a insisté sur la nécessité de créer des ponts entre les disciplines, entre la culture, la gastronomie, le sport et les arts. Il a également salué l’engagement du maire Konou Noukafou pour son appui aux initiatives de valorisation de la culture locale, et remercié Alexandre de Souza pour avoir accueilli avec ouverture et bienveillance un événement aussi significatif sur le site du CETEF.
Le festival comme creuset de talents
Au-delà de la dégustation des plats traditionnels, le festival Ayimolou propose aussi un programme riche : démonstrations culinaires, concours de préparation du meilleur Ayimolou, ateliers de transformation agroalimentaire, expositions artisanales, et bien sûr, performances artistiques et sportives.
L’association Wola-do Wola-mõ y a tenu un stand d’exposition, mêlant démonstrations martiales et séances d’initiation ouvertes au public. Des enfants, des jeunes, mais aussi des adultes se sont initiés aux mouvements fondamentaux du Wola-do, encadrés par les instructeurs de l’association. L’objectif : susciter l’intérêt, semer des graines de discipline, de confiance et d’amour de la culture dans les esprits des jeunes générations.
Une vision intégrée du développement
La participation de Wola-do Wola-mõ à ce festival illustre une vision intégrée du développement : celle qui mise sur la culture comme levier économique, éducatif et social. En mettant en lumière des initiatives locales, en valorisant les talents, qu’ils soient culinaires ou martiaux, l’association veut démontrer que le développement du Togo ne peut se faire sans sa culture, sans ses racines, sans la fierté de son patrimoine.
Docteur WOLAMO l’a d’ailleurs rappelé dans ses mots : « Le Togo regorge de richesses. Il ne tient qu’à nous de les révéler, de les porter avec dignité, et de les transmettre au monde. L’Ayimolou, c’est notre identité. Le Wola-do, c’est notre force. Ensemble, c’est notre avenir. »
En route vers une pérennisation
Le succès de cette première édition du festival Ayimolou laisse entrevoir un avenir prometteur. L’enthousiasme du public, l’implication des acteurs culturels, et la participation d’associations comme Wola-do Wola-mõ sont autant de signes positifs. Il ne s’agit pas seulement d’un événement festif, mais bien d’un mouvement de fond, qui vise à redonner aux Togolais la fierté de ce qu’ils sont et de ce qu’ils produisent.
Le message est clair : chaque talent, chaque savoir-faire, chaque discipline- qu’elle soit culinaire, artisanale ou martiale- mérite d’être reconnu, valorisé et soutenu.
Avec des leaders comme Docteur WOLAMO en première ligne, et des institutions prêtes à accompagner ce réveil culturel, le Togo peut légitimement espérer bâtir un modèle de développement fondé sur l’excellence locale et l’appropriation de son patrimoine.
Conclusion : une synergie au service du Togo
La participation de l’association Wola-do Wola-mõ au festival Ayimolou n’est pas un simple geste de soutien. C’est un acte symbolique, porteur de sens, qui souligne l’importance de tisser des liens entre toutes les expressions culturelles du pays. Que ce soit par la force d’un art martial ou la richesse d’un plat traditionnel, l’identité togolaise s’exprime avec puissance et fierté.
Et c’est ensemble-artistes, cuisiniers, sportifs, institutions, citoyens que le Togo pourra écrire les pages d’un développement ancré dans sa propre culture.
















