Par René DOKOU, le 14 Avril 2025
(IMPARTIAL ACTU)- À travers le monde, des millions de femmes traversent la ménopause, une étape naturelle mais souvent méconnue de la vie. Marquée par l’arrêt des règles dû à la baisse du taux d’hormones, elle peut provoquer une multitude de changements physiques et émotionnels : sécheresse vaginale, baisse de la libido, douleurs, sautes d’humeur.
Pourtant, ces symptômes restent tabous, et beaucoup de femmes continuent à souffrir en silence.
Suzan, quadragénaire vivant à Vancouver, en sait quelque chose. Elle est en périménopause – cette phase de transition pouvant durer jusqu’à dix ans avant la ménopause – et raconte : « Les rapports sexuels sont devenus trop douloureux. J’ai toujours du désir, mais la douleur me freine. J’ai mis du temps à en parler à mon médecin. »
Ce silence est encore renforcé par des croyances culturelles profondément ancrées. Le Dr Aziza Sesay, médecin généraliste au Royaume-Uni, déplore que « beaucoup de femmes pensent que la douleur pendant les rapports est normale, qu’elles doivent l’endurer pour satisfaire leur partenaire. » Elle souligne que le manque d’information empêche un grand nombre de patientes de consulter.
L’œstrogène, hormone clé de la sexualité féminine, diminue naturellement pendant la ménopause, tout comme la testostérone produite par les ovaires. Cette baisse a un impact direct sur la libido et la réponse sexuelle. Rosie, 45 ans, vivant en Allemagne, a été confrontée à une ménopause précoce à la suite d’une hystérectomie : « J’aimais le sexe, puis tout a changé. Je ne ressentais plus rien. »
Pour la Dr Nazanin Maali, psychologue et sexologue en Californie, ces cas sont fréquents. « Les femmes viennent souvent me voir parce qu’elles n’ont plus de désir ou parce que les rapports sont devenus douloureux. Certaines veulent toujours du contact sexuel, mais sans pénétration. »
D’autres souffrent de troubles moins évoqués. Yas, 49 ans, raconte depuis le Royaume-Uni : « Après chaque rapport, j’avais des infections urinaires très douloureuses. J’ai perdu tout intérêt pour le sexe. » Pendant longtemps, son problème n’a pas été lié à la ménopause par les médecins.
Avec l’augmentation de l’espérance de vie, les femmes vivent désormais un tiers de leur vie après la ménopause. Il devient urgent de lever les tabous et d’offrir aux femmes l’accès à une information claire, un accompagnement médical adéquat, et surtout, un espace de parole.
















