Attentat de Soudou : ce que l’UFC compte faire 30 ans après

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Par René DOKOU, le 05 mai 2022

(IMPARTIAL ACTU)- C’est un devoir de mémoire. Le 5 mai 1992, un convoi de campagne de l’Union des Forces du Changement (UFC), dirigé par son président Gilchrist Olympio tombait dans une embuscade à Soudou. Plusieurs militants notamment Docteur Marc Atidépé, Moussa Mama Touré, Ouro Atchankpa Zakari ou encore Sama Tchatchibo Alasa trouveront la mort au cours de l’attaque.

En ce 05 mai 2022, cette formation politique salue encore une fois, la mémoire de tous ceux qui sont « tombés » au cours de cet attentat dont certains rescapés portent encore en eux, les séquelles, 30 ans après.
En conférence de presse mercredi 05 mai 2022, au siège national du parti à Lomé, Elliott OHIN, 2e Vice-président de l’Union des Forces de Changement est revenu sur ce drame mais plus encore sur l’esprit de pardon cultivé par le président national Gilchrist Olympio l’un des rescapés.

Dans sa démarche pour une nation togolaise apaisée, le Président fondateur de l’UFC estime qu’il faut transcender le passé et pardonner en toute sincérité les malfaiteurs d’hier pour pouvoir faire chemin ensemble avec eux aujourd’hui. Ce choix explique d’ailleurs le rapprochement de l’UFC au parti au pouvoir actuellement.

“Il y a pratiquement douze ans, l’UFC a fait un choix courageux ;celui de renoncer à la politique jusqu’au-boutiste de la “ chaise vide“ et de la contestation systématique ; pour engager avec le pouvoir en place des négociations ayant pour but de mettre un terme aux souffrances de notre population liées à la détérioration du climat politique et à ses conséquences sur le plan économique et social. Notre ambition était à l’époque de faire évoluer le régime vers des réformes structurelles souhaitées par tous, et de poser les fondations nécessaires à une transition pacifique à terme”, a expliqué Elliott OHIN, 2e Vice-président de l’UFC.

Pour les responsables de l’UFC, les négociations avaient pour but de retrouver l’esprit de l’Accord Politique Global (APG) signé en août 2006 par l’opposition et le RPT devenu UNIR qui visait déjà à l’époque ces objectifs.

“Notre démarche rejetait la violence sous toutes ses formes. C’est la raison pour laquelle l’UFC s’est engagée dans un accord de gouvernement avec le régime en mai 2010. Et c’est également la raison pour laquelle nous avons continué à travailler, malgré les difficultés, à faire valoir les revendications sociales et économiques des Togolais dans les choix imposés par la majorité présidentielle en place”, a ajouté Elliott OHIN.

Selon l’UFC cet événement malheureux est aujourd’hui une source de motivation et une obligation qui doivent pousser les membres et sympathisants à accompagner cette méthode visant à faire aboutir le combat pour un changement pacifique, dans la paix, la tolérance et la fraternité. En ce sens le bureau national dudit parti invite tous les togolais à œuvrer à faire du Togo, un pays de dialogue, d’entente, un pays développé et réconcilié avec lui-même.

L’UFC pour ses décisions et méthodes ces douze dernières années a sans le vouloir créer une ambiance qui lui est défavorable. La popularité de cette formation politique a chuté d’un cran mais ses responsables semblent avoir la formule pour effacer ce revers.

“Pour réinventer l’avenir, l’UFC devra faire le bilan des échecs des douze années qui viennent de s’écouler. Les choix difficiles que nous avons consentis pour faire avancer la nation togolaise vers la démocratie n’ont pas atteint les résultats escomptés. Nous devons reconnaître avec lucidité que les orientations que nous avons prises n’ont produit que des résultats mitigés à ce jour. Notre pays est certes en paix et les efforts de redressement de l’économie produisent certains résultats tangibles. Mais, un pays en paix sans justice ne peut jamais engendrer une vraie démocratie. Le Togo reste un pays profondément inégalitaire et les maux qui l’ont longtemps miné tel que la corruption, le favoritisme et l’impunité sont loin d’avoir été résorbés. Le devoir de la République n’est pas de niveler la situation de tous les Togolais mais au contraire de valoriser les mérites de chacun”, a dit Eliott OHIN.

Par ailleurs l’UFC, précise Eliott OHIN doit rester, comme toujours, fermement attaché à l’idéal de renouvellement démocratique pour le pays même quand sa méthode prône le pragmatisme de la realpolitik.

“L’UFC doit se solidifier et doit pouvoir fédérer l’opposition togolaise dans un grand mouvement de courants et d’idées afin de pouvoir prétendre offrir au Togo l’expérience et les compétences nécessaires à une alternative viable de gouvernance”, a-t-il proposé.

Pour mémoire, Gilchrist OLYMPIO a été grièvement blessé dans cette attaque. Il a survécu grâce à son évacuation sanitaire rapide sur Paris dans un Grumman spécial de la présidence ivoirienne, après avoir été opéré une première fois à Natitingou (Bénin)

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