Enselme Gouthon aux commandes des finances de l’Organisation Internationale du Cacao

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Par René DOKOU, le 26 Septembre 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Enselme Gouthon accède à la présidence du Comité administratif et financier de l’ICCO, consolidant un peu plus son influence dans la gouvernance mondiale des matières premières agricoles.

Une nouvelle distinction vient enrichir le parcours déjà remarquable d’Enselme Gouthon. Le secrétaire général du Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC) a été porté à la tête du Comité administratif et financier de l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO), pour un mandat de deux ans. Sa prise de fonction est prévue pour le 1er octobre prochain.

Une institution stratégique pour l’économie cacaoyère mondiale

Fondée en 1973, l’ICCO demeure la principale instance intergouvernementale consacrée au cacao. Elle fédère, au sein de l’Accord international sur le cacao, les nations productrices et les pays consommateurs, dans le but d’harmoniser les intérêts d’une filière aussi stratégique que sensible. Son siège, longtemps établi à Londres, a été transféré en 2017 à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire — signe de l’ancrage africain grandissant de cette organisation, alors que le continent, et particulièrement sa façade ouest, concentre la majeure partie de la production mondiale.

L’organisation œuvre à bâtir une économie cacaoyère plus pérenne, en intervenant sur plusieurs fronts : la qualité des fèves, la stabilité des prix, la structuration des filières et l’amélioration des conditions d’existence des producteurs, souvent fragilisés par la volatilité des cours.

Des responsabilités budgétaires et administratives élargies

Désormais placé à la tête du Comité administratif et financier, Enselme Gouthon héritera d’attributions particulièrement sensibles pour le bon fonctionnement de l’institution. Cet organe examine notamment le budget administratif proposé par le directeur exécutif de l’ICCO, tout en tranchant l’ensemble des sujets financiers et administratifs relevant de son périmètre. Une fonction charnière, garante de la rigueur de gestion d’une organisation dont les décisions rejaillissent directement sur des millions de producteurs à travers le globe.

Un parcours international déjà solidement établi

Cette nomination ne relève pas du hasard : elle vient couronner un itinéraire dense au service des filières café et cacao. Avant de rejoindre cette nouvelle fonction, le responsable togolais avait déjà présidé le Comité économique de l’ICCO, une expérience qui lui a permis de se familiariser en profondeur avec les rouages de l’organisation abidjanaise.

Son ascension s’était surtout illustrée en septembre 2023, lorsqu’il avait accédé à la présidence de l’Organisation internationale du café (OIC), devenant à cette occasion le tout premier Africain à diriger cette institution fondée en 1963. Un tournant historique pour la représentation du continent au sein des grandes organisations mondiales de matières premières.

Une expertise forgée sur plus de quatre décennies

Ce nouveau mandat s’appuie sur une expérience professionnelle exceptionnelle : plus de quarante années passées au cœur des filières café et cacao, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Cette longévité lui a permis de tisser un réseau d’influence solide et de gagner la confiance de ses pairs à travers les continents.

Parallèlement à ses nouvelles responsabilités, Enselme Gouthon continue de présider l’Agence des cafés Robusta d’Afrique et de Madagascar (ACRAM), organisation régionale qui défend les intérêts des producteurs de robusta sur la scène internationale. Un cumul de mandats qui témoigne de la reconnaissance dont il jouit dans l’écosystème des matières premières agricoles.

Une double casquette pour peser davantage sur la scène mondiale

En prenant simultanément la présidence du Comité économique et désormais celle du Comité administratif et financier de l’ICCO, tout en occupant la présidence de l’OIC, Enselme Gouthon se retrouve à l’intersection de deux filières essentielles pour de nombreuses économies africaines. Cette double implication devrait lui conférer un poids supplémentaire dans les négociations internationales, à un moment où les questions de durabilité, de traçabilité et de juste rémunération des producteurs occupent une place centrale dans les débats sur l’avenir du café et du cacao.

Sa nomination confirme, une fois de plus, la montée en puissance des cadres africains à la tête des grandes instances régissant le commerce mondial des matières premières agricoles.

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