Patients au cœur des soins : la CEDEAO lance ses centres d’écoute

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Par René DOKOU, le 21 Août 2026

(IMPARTIAL ACTU)-Lomé a été le théâtre, jeudi 20 août 2026, du lancement officiel des projets pilotes de centres d’écoute des patients dans l’espace CEDEAO. Trois pays le Bénin, la Gambie et le Togo ont été retenus pour expérimenter cette démarche novatrice qui place la voix des usagers au cœur des systèmes de santé.

La parole des patients comme levier de réforme

Au-delà de la simple réception des plaintes, ces structures visent à instaurer un véritable dialogue entre les populations et les établissements sanitaires. Elles permettront d’identifier les insuffisances, de prévenir les risques et d’améliorer durablement les pratiques médicales. Pour la CEDEAO, il s’agit de transformer les préoccupations exprimées en actions correctives, renforçant ainsi la sécurité et la qualité des soins.

Un investissement stratégique

Porté par les ordres des médecins du Bénin, de la Gambie et du Togo, avec l’appui de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS), le projet représente un financement global de 8,5 milliards FCFA. Cet investissement traduit la volonté des États membres de bâtir des systèmes de santé plus résilients et plus respectueux des droits des patients.

L’urgence d’agir face aux incidents médicaux

La vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, a rappelé lors de la cérémonie l’ampleur des défis. Selon une étude de l’OMS publiée en 2023, un patient sur dix subirait un préjudice lors de sa prise en charge dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Une proportion alarmante, d’autant que nombre de ces incidents pourraient être évités par une meilleure écoute et une gestion proactive des risques.

Une dimension éthique affirmée

Le directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase J. C. Aïssi, a insisté sur l’importance de la confiance entre soignants et patients. Pour lui, ces centres doivent incarner une démarche éthique : transformer les témoignages en solutions concrètes et instaurer un climat de respect mutuel. La parole des patients devient ainsi un outil de responsabilisation et de progrès collectif.

Le Togo, hôte et acteur engagé

La représentante du ministre de la Santé du Togo, Dr Josée Apetsianyi, a salué une initiative en parfaite cohérence avec les objectifs de la couverture sanitaire universelle. Elle a souligné que l’accès aux soins ne saurait être pleinement efficace sans un accueil digne, une information claire et un mécanisme permettant aux patients d’exprimer leurs préoccupations.

Une extension progressive dans la sous-région

Le choix du Bénin, de la Gambie et du Togo constitue une première étape. Le dispositif sera progressivement élargi à l’ensemble des pays de la CEDEAO sur trois ans, avec l’intégration de trois nouveaux États chaque année. Le Nigeria, en raison de son poids démographique, devrait accueillir à lui seul six centres. Cette montée en puissance illustre la volonté régionale de bâtir un réseau solide et inclusif.

De la rencontre d’Abidjan à la concrétisation de Lomé

Après une première réunion de cadrage organisée en septembre 2025 à Abidjan, la rencontre de Lomé a permis de finaliser les projets pilotes, d’actualiser les documents techniques et de définir le chronogramme de mise en œuvre. Les États membres disposent désormais d’une feuille de route claire pour transformer cette ambition en réalité.

Vers des systèmes de santé plus humains

À travers ces centres, la CEDEAO entend faire de la voix du patient un instrument de réforme et de durabilité. L’initiative traduit une conviction forte : les systèmes de santé ne peuvent progresser sans intégrer l’expérience vécue par ceux qu’ils servent. En donnant une place centrale aux usagers, l’organisation régionale espère réduire les inégalités d’accès, prévenir les erreurs médicales et renforcer la résilience face aux crises sanitaires.

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