Comment financer durablement la santé sans l’aide extérieure ? : zoom sur l’expérience Burkinabè

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Par René DOKOU, le 27 Juillet 2026

(IMPARTIAL ACTU)- La capitale togolaise  abrite depuis lundi 27 juillet 2026, une table ronde majeure consacrée au financement de la santé en Afrique francophone. L’événement, ouvert par Dr Melchior Athanase Joël Aïssi, directeur général de l’Organisation Ouest-africaine de la Santé (OOAS), a réuni ministères, experts, partenaires techniques et organisations de la société civile. Objectif : partager les expériences nationales et renforcer les mécanismes de financement des systèmes de santé.

La voix du Burkina Faso

Au cœur des débats, l’intervention du Burkinabè Dr Francis Bamogo, Chef du service de l’Économie, de l’Achat stratégique et de l’Efficience du financement de la gratuité des soins. Son exposé a mis en lumière les efforts de son pays pour mobiliser des ressources domestiques et réduire la dépendance à l’aide extérieure. « Comment financer durablement la santé par nos propres moyens ? », a-t-il lancé, en fil conducteur de sa présentation.

Résultats et défis persistants

Le Burkina Faso affiche des progrès notables : baisse de la mortalité maternelle et infantile, gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, et mise en place du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU). Mais les défis restent lourds : 44 % des dépenses de santé proviennent encore des ménages, exposant les familles à des risques financiers majeurs. L’aide extérieure, qui couvre 21 % des dépenses, demeure instable et fragmentée.

Le cadre du FONAFIS

Institué en 2025, le Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS) est devenu un espace permanent de dialogue. Sa première édition en mars 2026 a rassemblé plus de 800 participants et adopté une déclaration structurée autour de trois axes : politique, technique et institutionnel. Le forum, désormais biennal, sert de plateforme régionale pour suivre les engagements et mutualiser les solutions.

Les leviers de mobilisation

Dr Bamogo a détaillé les mécanismes activés au Burkina Faso : fiscalité affectée (tabac, alcool, télécommunications, secteur minier), contribution de la diaspora, conversion de dette en investissements pour le RAMU, et meilleure efficience des dépenses publiques grâce à la digitalisation. Il a également insisté sur la nécessité d’un cadre juridique solide pour capter les ressources issues de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Opportunités régionales
Quatre fenêtres d’action se dessinent :

Souveraineté pharmaceutique avec une production locale renforcée.

Digitalisation et intelligence en santé pour fluidifier les flux financiers et créer un espace budgétaire.

Contrats à impact social intégrés au cadre juridique des partenariats public-privé.

Redevabilité politique avec des rapports trimestriels publics adressés au Premier ministre.

Une feuille de route ambitieuse

La période 2026-2030 est jalonnée d’objectifs précis : mise en place du Centre national d’intelligence en santé, activation des taxes affectées, montée en charge du RAMU, interopérabilité des systèmes d’information sanitaire et renforcement de la production locale. Trois messages clés émergent : exécuter les recommandations avec rigueur, transformer l’efficience en ressource budgétaire et instaurer une traçabilité des flux financiers.

Bamogo, figure de l’efficience

En plaçant l’achat stratégique et la performance au centre du financement, Dr Bamogo incarne une nouvelle approche : passer d’un système passif à une gestion proactive, adossée à la digitalisation. Son plaidoyer illustre la volonté du Burkina Faso de bâtir une architecture de protection financière solide, capable de résister aux chocs extérieurs et de garantir l’accès universel aux soins.

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