Lancement de l’étude DETAMEV : l’OOAS mobilisée contre les maladies évitables à Lomé

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Par René DOKOU, le 12 Mai 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Du 12 au 15 mai 2026, Lomé accueille un atelier scientifique d’envergure régionale consacré au lancement officiel de l’étude DETAMEV (Déterminants des Maladies Évitables par la Vaccination). Cette rencontre, organisée par l’Organisation Ouest‑Africaine de la Santé (OOAS), associe chercheurs, doctorants, institutions partenaires et responsables sanitaires venus de plusieurs pays de la CEDEAO. Elle combine le suivi des projets de recherche financés par l’OOAS et un renforcement des capacités administratives et financières des bénéficiaires.

Le Togo réaffirme son engagement en santé communautaire

Représentant la ministre de la Santé, le délégué du gouvernement togolais a salué l’importance de cette initiative et la valeur ajoutée de la présence de chercheurs engagés dans la santé communautaire. Il a rappelé la participation active du Togo, depuis deux ans, au programme de bourses doctorales financé par l’OOAS avec l’appui de l’association Gallien Africa, soulignant la reconnaissance du gouvernement envers les efforts constants de l’organisation régionale pour améliorer la santé et le bien‑être des populations.

Une menace sanitaire persistante

Dans son allocution d’ouverture, le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Aïssi, a alerté sur la résurgence de maladies que l’on croyait maîtrisées : rougeole, diphtérie, poliomyélite. Cette réapparition traduit des fragilités structurelles, socio‑culturelles et institutionnelles qu’il devient urgent d’analyser. L’étude DETAMEV vise précisément à identifier ces déterminants profonds et à formuler des recommandations opérationnelles pour renforcer les politiques vaccinales régionales.

Des données vaccinales à revisiter

Dr Aïssi a insisté sur la nécessité de revoir les méthodes de collecte et d’interprétation des données vaccinales. Il a cité l’exemple d’une région affichant officiellement 92 % de couverture, alors que certaines localités ne dépassaient pas 60 %. Cette discordance appelle une révision méthodologique, impliquant davantage les communautés dans le choix des agents de santé, renforçant leur responsabilisation et recherchant des taux réels plutôt que des performances déclaratives.

Transparence et rigueur dans la gestion des financements

Au‑delà de l’étude DETAMEV, l’atelier met l’accent sur la rigueur administrative et financière. La transparence des dépenses et la conformité des justificatifs sont des conditions essentielles pour garantir la pérennité des appuis régionaux. Les crédits accordés aux doctorants deviendront des dons définitifs dès lors qu’ils seront justifiés conformément aux procédures, rappelant que la crédibilité de la recherche repose autant sur la qualité scientifique que sur la discipline administrative.

Trois objectifs structurants

Le professeur Ibrahima Seck, vice‑président de Gallien Africa et responsable de la Chaire de santé publique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a présenté trois objectifs majeurs :

État des lieux des projets financés par l’OOAS, qu’ils soient institutionnels ou portés par les doctorants des cohortes originaires du Sénégal, Burkina Faso, Mali, Bénin et Togo.

Renforcement des capacités administratives et financières des bénéficiaires, afin d’assurer une gestion rigoureuse et conforme aux standards régionaux.

Valorisation des résultats de recherche pour transformer les connaissances produites en actions concrètes et en outils d’aide à la décision pour les politiques de santé communautaire.

Les projets financés couvrent un large éventail de thématiques : paludisme, nutrition, VIH/sida, approche One Health, santé maternelle et infantile.

Vers un réseau scientifique durable

Les quatre jours de travaux permettront de consolider un réseau intergénérationnel de chercheurs, fondé sur le mentorat, l’entraide et la standardisation des pratiques. Dr Aïssi a salué l’engagement des encadreurs et professeurs, souvent retraités mais toujours mobilisés, dont l’expérience constitue un pilier essentiel de la santé publique en Afrique de l’Ouest.

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