Tribune de Trimua : polémique fabriquée autour d’un débat académique

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Par René DOKOU, le 12 Mai 2026

(IMPARTIAL ACTU)- Depuis quelques jours, un volumineux document présenté comme une “analyse stylistico-herméneutique” de la tribune de Christian Trimua sur la Cinquième République circule abondamment sur les réseaux sociaux et dans certains cercles politiques.

Une “analyse” qui enflamme les réseaux

Ses auteurs y voient une critique voilée du régime parlementaire togolais et une dénonciation subtile du fonctionnement institutionnel actuel. Une lecture jugée par beaucoup comme exagérée et déconnectée du véritable contenu du texte.

Un juriste dans son rôle

Christian Trimua, cadre du parti UNIR, juriste de formation, enseignant de droit public et ancien ministre, s’est exprimé sur un sujet institutionnel. Rien d’inhabituel pour un universitaire engagé dans la réflexion doctrinale. Avant lui, d’autres figures de la majorité présidentielle, comme le Professeur Dodzi Kokoroko ou le Professeur Kpoadar, ont livré leurs analyses sur le nouveau régime parlementaire. Tous ont poursuivi leurs carrières au sein des institutions sans que cela ne provoque de séisme politique. La tribune de Trimua s’inscrit donc dans une continuité intellectuelle, loin des fantasmes de rupture.

Un débat doctrinal normal

La Cinquième République togolaise est récente. Elle suscite naturellement des observations, des critiques constructives et des propositions d’amélioration. La tribune de Trimua participe à ce débat doctrinal, comme le font régulièrement les universitaires et praticiens du droit. Plusieurs cadres d’UNIR rappellent que ce type de réflexion est sain et nécessaire pour consolider les institutions. Loin de l’agitation théâtrale des réseaux sociaux, ils insistent sur le caractère normal de cette contribution.

La majorité relativise la polémique

Interrogé sur la controverse, un cadre d’UNIR a balayé toute tentative de dramatisation : « À UNIR, nous acceptons le pluralisme d’opinion. M. Trimua est libre de s’exprimer. Ce n’est pas comme dans certains partis où la dictature interne empêche toute voix divergente. Nous ne voyons pas de polémique dans cette tribune. » Une réponse qui refroidit les ardeurs de ceux qui tentaient de transformer un simple texte universitaire en fracture politique.

Des interprétations opportunistes

Le plus surprenant reste l’attitude de certains analystes improvisés qui découvrent soudainement des “messages cachés” ou des “critiques voilées” dans le texte. Pourquoi cette avalanche d’interprétations pseudo-révolutionnaires maintenant, alors que la Cinquième République est en place depuis plusieurs mois ? Pourquoi ce silence prudent lors des débats constitutionnels initiaux et cette audace soudaine après la publication d’un cadre reconnu du système ? Ces questions révèlent un opportunisme intellectuel plus qu’un courage doctrinal.

Derrière les mots des autres

Ce comportement ressemble à du poltronisme intellectuel : attendre qu’un cadre du pouvoir s’exprime pour ensuite lui prêter des intentions qu’il n’a jamais formulées. Se cacher derrière les mots d’un autre pour donner l’impression d’une audace personnelle. Une stratégie qui relève davantage de la récupération médiatique que de l’analyse scientifique. Transformer une réflexion universitaire en “acte de résistance cachée” permet surtout de projeter ses propres frustrations dans un texte neutre.

Le pluralisme comme fonctionnement normal

La vérité est simple : dans un grand parti politique comme UNIR, des cadres réfléchissent, débattent et écrivent sans que cela ne signifie désaveu ou rupture. Ce pluralisme interne dérange ceux qui sont habitués aux partis où toute voix divergente est étouffée. La tribune de Trimua illustre au contraire la vitalité d’un débat doctrinal au sein de la majorité. Elle ne constitue ni une bombe politique ni une fracture institutionnelle.

Une agitation révélatrice

Finalement, le seul véritable “coup dur” est dans la tête de ceux qui veulent transformer une contribution académique en crise politique. À force de chercher des conspirations intellectuelles partout, certains exposent surtout leurs propres limites d’analyse.

L’agitation excessive autour de la tribune révèle une réalité : certains avaient besoin d’un texte universitaire pour tenter timidement de dire ce qu’ils n’avaient jamais eu le courage d’assumer eux-mêmes.

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