Nigeria : l’horreur continue avec une série d’attaques meurtrières dans la ceinture centrale

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Par René DOKOU, le 21 Avril 2025

(IMPARTIAL ACTU)- Au Nigeria, la violence s’intensifie et s’étend. En trois semaines, environ 250 personnes ont perdu la vie dans une série d’attaques sanglantes menées dans différentes régions du pays. Des groupes armés non identifiés sèment la terreur en visant les communautés rurales. Les assaillants, souvent à moto, surgissent pour ouvrir le feu sur les civils sans distinction. Une mécanique de mort désormais bien rodée, qui alimente un climat d’insécurité grandissant.

Le jeudi 17 avril, l’État de Benue, dans le Centre-Nord, a été à nouveau endeuillé. Deux districts, Logo et Ukum, ont été la cible d’attaques coordonnées, coûtant la vie à 56 personnes. La veille, dans l’État de Kwara, au Centre-Ouest, une nouvelle menace s’est révélée : le groupe armé Mahmuda. Dans la communauté de Kemaanji, les Mahmuda ont abattu 15 habitants. Ce groupe, jusqu’ici inconnu, semble vouloir s’implanter durablement dans la région. Il aurait déjà pris le contrôle de plusieurs zones dans les districts de Babana et Wawa, dans l’État du Niger.

Cette montée en puissance d’un nouvel acteur armé vient s’ajouter à un contexte déjà instable. Les tensions entre éleveurs et agriculteurs continuent de provoquer des violences, tout comme la persistance des groupes jihadistes, dont Boko Haram. Le 15 avril, ce dernier a frappé dans le secteur de Hong, dans l’État d’Adamawa, tuant 7 personnes à l’aide d’engins explosifs improvisés.

La première semaine d’avril n’a pas été épargnée. Du 3 au 10 avril, vingt civils ont été tués dans les localités d’Otukpo et de Gwer, toujours dans l’État de Benue. Et le mois de mars s’est terminé dans un bain de sang : entre le 27 mars et le 2 avril, l’État du Plateau a été le théâtre d’une série d’attaques particulièrement violentes. Dans les districts de Bokkos et Bassa, 113 personnes ont été tuées par des miliciens armés, présumés appartenir à des groupes d’éleveurs.

Ce regain de violence frappe désormais des régions jusqu’alors relativement épargnées, notamment le Centre-Ouest. L’apparition du groupe Mahmuda est perçue par les autorités comme un facteur aggravant dans un pays où les forces de sécurité peinent à contenir les violences multiformes.

Face à cette spirale meurtrière, la population reste en grande partie livrée à elle-même. Et la question sécuritaire, devenue centrale, hante désormais le quotidien de millions de Nigérians.

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